3 September 2010

« Non à la répression politique et syndicale, Oui à une véritable alternative avec nous »

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"Non à la répression politique et syndicale, Oui à la défense des libertés individuelles et collectives, Oui à une véritable alternative avec nous"

Une soixantaine de militants de Corsica Libera et les portes paroles de la Commission Anti Répressive ont tenu ce jeudi matin une conférence de presse devant le commissariat d’Aiacciu où sont toujours maintenu en garde à vue trois personnes dont un membre de l’exécutif de Corsica Libera. Olivier Sauli, Paul-Antoine Susini, Jean-Marie Poli et Jean-Philippe Antolini se sont exprimés tour à tour pour dénoncer cette nouvelle tentative de destabilisation à l’approche des élections Territoriales.

Voici le texte de la conférence de presse :

La proximité des interpellations de militants et sympathisants de notre mouvement, parmi lesquels Petru Paoli membre de l’exécutif et de son fils, avec le déplacement du président français Nicolas Sarkozy est on ne peut plus clair.

L’objectif de ces interpellations vise à altérer la refondation que nous entendons continuer, à affaiblir l’organisation de notre démarche politique et à nous acculer dans une impasse répressive y compris dans ce contexte électoral.

Corsica Libara perturbe l’ordre établi : celui de l’allégeance, de la totale dépendance, de l’assistanat, de l’acculturation, et du sous développement économique. Celui de la finance, de la spéculation et de la dépossession.

Corsica Libara se bat pour une société corse fondée sur la fraternité, l’égalité des chances et une plus grande justice sociale avec une meilleure et juste répartition des richesses.

Corsica Libara lutte pour que les corses existent et s’épanouissent en tant que peuple, avec des droits inhérents à chaque peuple reconnu, sur une aire géographique naturellement déterminée, parlant sa langue, vivant sa culture, s’adaptant à la modernité en fonction de son génie propre, s’ouvrant généreusement aux apports extérieurs tout en maîtrisant les flux en fonction de ses potentialités d’intégration.

Corsica Libara est aux cotés de toutes celles et ceux qui aspirent à un travail, un logement, une propriété, un salaire décent et qui refusent le chômage et la précarité.

Ces interpellations interviennent au lendemain du scandaleux et prétentieux discours de Nicolas Sarkozy. Un discours qui dévoile les visées politiques de l’Etat français sur la Corse :

- Le P.A.D.D.U.C pour lequel un nouveau dispositif adopté sous forme de loi permettra au gouvernement de retirer à la Collectivité Territoriale une de ses compétences attribuée par les accords Matignon …

- Un Parc Marin International pour rappeler ce que les nationaux ne cessent de revendiquer depuis des années : l’interdiction de navigation totale de matières dangereuses pour tout type de pavillon (et pas seulement panaméen)…

- Un GALSI réaffirmé, pour alimenter la Corse au gaz naturel, mais déjà les comités ministériels français du 16 janvier 1990 et du 11 juillet 1991 se prononçaient « sans ambiguïté sur le raccordement de la Corse au gazoduc Italie Sardaigne »…

- Une Université encore accusée de « ghetto » quand tout un chacun sait qu’elle ne cesse de s’ouvrir sur l’extérieur de son berceau méditerranéen jusqu’en Asie…

- Un satisfecit sur des incendiaires de circonstances, balayant d’un revers les politiques de désertification de l’intérieur et de la montagne dont est historiquement responsable l’administration française…

- Un satisfecit également concernant un tourisme « sécurisé » dont les premiers bénéficiaires peuvent enfin être les propriétaires parisiens de résidences secondaires

- Une création d’un établissement public foncier d’Etat supposé diminuer les spéculations sur les prix des terrains et des immeubles mais rien sur la citoyenneté corse et le statut de résident pourtant adopté par d’autres pays d’Europe.

- Une réforme des collectivités territoriales dont l’acteur principal, le Peuple Corse, en sera totalement absent, puisque en voie de minorisation sur sa terre…

Une soixantaine de militants de Corsica Libera et les portes paroles de la Commission Anti Répressive ont tenu ce jeudi matin une conférence de presse devant le commissariat d'Aiacciu.

M. Sarkozy affiche un volontarisme trompeur, et enfonce bien des portes ouvertes… Sa venue n’était que purement électorale, pour passer en revue les troupes de l’U.M.P. et leur remonter le moral après les gesticulations calamiteuses de leur deux fantoches…

M. Sarkozy s’arroge le droit de donner des leçons de bonne conduite aux corses, dans la plus pure tradition coloniale… Fustigeant les « maffieux » de tout ordre, il usurpe des thèmes revendicatifs comme la spéculation immobilière et la spéculation foncière, les vidant de leur contenu pour mieux abuser l’opinion publique. (Oubliant bien des réalités, comme l’affaire Clavier et le lotissement de Camille de Rocca-Serra ou encore le feuilleton de l’EPAD de la Défense), il prétend nous « convertir » au développement durable avec une logique de tout tourisme destructeur…

Voulant soigneusement occulter la dimension identitaire et Nationale et notre implantation au sein du Peuple Corse, il s’attache néanmoins à parler longuement de nous, démentant de fait ses propres propos selon lesquels nous ne serions plus au centre du jeu…

Il parle d’une baisse de la violence en Corse – quelle violence ? – s’asseyant sans vergogne sur les dizaines de morts tragiques qui ensanglantent la société corse, alors qu’en la matière, les résultats policiers et judicaires ne trompent pas les Corses… (Ces services sont trop occupés à la chasse aux nationalistes)

M Sarkozy sait toutefois qu’il peut naturellement compter en Corse, sur une droite libérale (Rocca Serra, Santini) qui lui est totalement inféodée et sur une grande partie de la gauche claniste (Giacobbi, Renucci) qui n’hésite pas à lui délivrer pour la circonstance un satisfecit, faisant fi des mobilisations, des luttes et des acquis populaires, s’abstenant sur les revendications sociales et salariales… En Corse, la droite et une grande partie de la gauche sont des séides de l’Etat français et de sa politique ultra libérale.

Le message a été clairement diffusé hier par la militarisation de la ville avec des centaines de forces de l’ordre et de policiers venus une nouvelle fois contenir et faire taire toute tentative d’expression populaire. Ce même message a été tout autant clairement compris par les militants syndicalistes à qui, a leur demande de dialogue social, on a opposé des coups de matraques. Même l’expression journalistique a été surveillée…
L’ordre doit régner à Aiacciu, comme dans toute la Corse.

Le message a été réitéré hier matin, 3 février, par l’interpellation par la police politique « S.D.A.T. » soutenue par le « S.R.P.J. » de militants et sympathisants de notre mouvement.

Corsica Libara dérange l’ordre établi et constitue le seul rempart à la mise en coupe réglée de la société corse.

Corsica Libara constitue par sa démarche politique, par sa recherche stratégique de convergences patriotiques, et par ses démonstrations en matière économique, sociale et culturelle, une véritable alternative au système en place.

Corsica Libara réitère ses propositions, pour lesquelles les nôtres subissent les foudres répressives. Ces propositions sont susceptibles de sortir la Corse de l’impasse :

Maitrise du foncier,
Officialisation de la langue,
Développement durable et identitaire,
Justice sociale pour tous,
Libération des prisonniers,
Instauration d’une citoyenneté corse.

Corsica Libara en appelle à tous les Corses pour dire Non à l’injustice économique et sociale, Non à la répression politique et syndicale, Oui à la défense des libertés individuelles et collectives, Oui à une véritable alternative avec nous, contre l’autoritarisme et le colonialisme.

Corsica Libara réitère son total soutien à ses militants et à leurs familles. La répression n’entamera jamais sa détermination et ne réussira pas à occulter la dimension Nationale et identitaire de la Question corse.

Dateci u vostru parè...

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