3 September 2010

Réponse de Corsica Libera aux questions de la Ligue des Droits de l’Homme

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Voici les réponses de Corsica Libera au questionnaire de la Ligue des Droits de L’Homme, qui a été envoyé aux listes candidates pour les élections de Mars 2010 :

LA DÉMOCRATIE

Réponse de Corsica Libera aux questions de la Ligue des Droits de l'Homme.

La composition de la direction de Corsica Libera reflète largement cette volonté de mixité ; Rappelons que Corsica Nazione, l’une des formations fondatrices de Corsica Libera, a appliqué spontanément, dès les élections municipales de 2001 à Bastia, la parité complète hommes-femmes alors que la loi ne le prévoyait pas encore.

Etes-vous favorable à la mise en place d’un conseil territorial consultatif de la jeunesse ?

Pourquoi pas ? En attendant nous donnons un rôle essentiel aux jeunes du mouvement. Aux prochaines élections territoriales, nos candidats les plus âgés en position d’éligibilité n’ont pas atteint 50 ans. Une jeune femme de 25 ans, Josepha Giacometti, est 4ème sur la liste. Petru Anto Tomasi, 22 ans, est membre de l’exécutif et l’un de nos deux directeurs de campagne. Chez nous, les jeunes occupent déjà des postes de responsabilité.

Etes-vous partisans du droit de vote de tous les étrangers résidant en Corse ? Comment envisagez-vous d’utiliser votre droit de proposition législative pour porter cette revendication devant le gouvernement ?

Notre position est connue : quelle que soit son origine, une personne doit pouvoir voter dès l’instant où elle justifie de sa citoyenneté corse, à savoir 10 ans de résidence à titre permanent (sauf les Corses de la diaspora). Cette position est particulièrement ouverte puisque en France par exemple, 10 ans de résidence ne permettent souvent pas même d’obtenir une carte de séjour. Nous rappelons qu’il y a quelques années, la ligue des droits de l’homme a publié un document qui allait dans le sens de notre proposition, préconisant de subordonner le droit de vote à une résidence en Corse de plusieurs années.

Afin de redonner pleinement son sens à la représentation territoriale, vos élus remettront-ils en cause les mandats qui leur permettent d’exercer des fonctions exécutives au sein d’une autre collectivité locale ou d’un groupement de communes ?

La question ne se pose pas pour nos élus, qui ne disposent que d’un seul mandat électif. Nos candidats en position d’éligibilité n’ont pas non plus d’autre mandat.

Quels moyens mettrez-vous en oeuvre pour donner au Conseil Economique, Social et Culturel de Corse, le CESCC, sa véritable dimension de 3ème instance territoriale ?

Il faudrait que les avis du CESCC ne parviennent pas aux membres de l’Assemblée de Corse quelques minutes avant le vote comme cela est le cas aujourd’hui, car de cette façon ils ne peuvent être pris en compte dans la décision. Précisons que nous proposons également la création d’une « Chambre des provinces » pour la représentation des territoires (Cf. projet « Corsica 21 »)

Quelles mesures comptez-vous prendre pour assurer la participation des citoyens, des associations, des syndicats et des autres collectivités locales ou groupements de communes à l’élaboration des décisions politiques concernant le développement et l’aménagement de la Corse, par exemple le PADDUC (plan d’aménagement et de développement durable de la Corse) ?

Nous proposons que la concertation la plus large ait lieu pour les sujets essentiels, à travers notamment des « assises » largement ouvertes à la société civile. Dans notre projet, nous demandons, au titre des urgences, la tenue avant l’été des « assises de l’emploi » et des « assises du foncier et du logement ».

Si vous êtes aux responsabilités, quels indicateurs et quels autres moyens définirez-vous qui vous permettront de rendre compte publiquement de votre action politique ?

Nous avons proposé depuis des années de créer un organisme territorial chargé de l’évaluation des politiques publiques et d’un corps de fonctionnaires (indépendants de la direction de la CTC) en charge de cette évaluation.

Quels sont les moyens que vous mettrez à disposition de l’opposition pour qu’elle puisse également s’exprimer ?

Nous préconisons une large participation de l’opposition à tous les organismes dépendant de la CTC, et en particulier à celui que nous appelons de nos voeux et qui serait chargé de l’évaluation des politiques publiques.

Quelle(s) action(s) pourriez-vous entreprendre pour répondre à des propos négatifs et agressifs envers la Corse (comme ceux tenus lors d’une émission radio « les agités du JT » en 2001 qui avaient suscité une protestation publique de la LDH, des 2 associations de maires et des 2 Barreaux de Corse), ou pour contester d’autres propos hâtifs concernant la Corse et le racisme (par exemple ceux relevés dans différents rapports de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) ?

Nous estimons que la CTC doit ester en justice à chaque manifestation de racisme anti-corse et qu’elle devrait se garder de financer, comme elle le fait actuellement, des films qui contribuent à dégrader l’image de notre pays.

Pensez-vous que l’institution territoriale puisse engager des actions de protestation contre le désordre public et l’arbitraire générés par le dispositif antiterroriste dénoncé par la Fédération internationale des ligues de droits de l’Homme et Amnesty International ?

Nous avons déposé une motion devant l’Assemblée de Corse demandant la constitution d’une enquête parlementaire à ce sujet. Elle reste, pour nous, à l’ordre du jour. Bien entendu, si nous participons aux responsabilités, nous impulserions au titre de la CTC une campagne sur ce thème.

LES QUESTIONS SOCIALES

Les questions sociales, le droit au travail, la vie chère, la précarité, l’accès aux soins, le droit au logement, l’éducation… sont considérées par beaucoup de citoyens comme devant être des priorités de l’action publique. Etes-vous favorable à la conditionnalité « droits de l’Homme » (lutte contre les discriminations, contre le travail illégal…) de toutes les aides que l’institution territoriale accordera aux entreprises ? Quels mécanismes envisagez-vous pour assurer le respect effectif de ces clauses ?

Oui, bien sûr. Il faut également, dans le même temps, faire en sorte que les entreprises n’aient pas de difficultés pour pourvoir les postes nécessaires à leur survie.

Pourriez-vous développer votre position concernant la définition d’un statut de résident ?

Pour notre part, nous parlons de « citoyenneté corse » : fondée sur 10 ans de résidence à titre permanent (sauf pour les Corses de la diaspora), elle ouvrirait l’accès à la propriété immobilière, favoriserait l’accès à l’emploi et permettrait l’inscription sur les listes électorales (à l’exception des élections municipales ouvertes aux communautaires).

Interviendrez-vous en direction de l’Etat pour soutenir l’action du « collectif immigration choisie la honte ! » qui regroupe une trentaine d’organisations dont la LDH, Ava Basta, l’union des Marocains, l’ensemble des organisations syndicales… et qui demande la régularisation de sans papiers ?

Dans un 1er temps, nous souhaitons soumettre à ce collectif nos propositions en matière de citoyenneté corse.

Comment situez-vous l’action de l’institution territoriale dans des domaines qui influent sur le développement, l’aménagement et donc l’accès aux droits (logement social, accès aux soins, insertion sociale par exemple) mais qui relèvent en partie ou principalement des champs de compétences de l’Etat, d’autres collectivités locales ou de regroupements de communes ?

Nous souhaitons la suppression des départements, aujourd’hui largement compétents dans ces domaines, en particulier dans l’action sociale. Nous demandons que l’essentiel de ces compétences soient confiées à la CTC pour rationaliser l’action politique en ces domaines et en finir avec l’opacité des prises de décision.

Dès le début de la mandature, êtes-vous favorables à la saisine du CESCC afin que celui-ci, à l’instar de ses travaux sur le foncier, fasse une analyse précise et des préconisations concernant la vie chère qui poseront les bases d’une action forte de l’institution territoriale ?

Oui, bien sûr. Mais nous demandons aussi, au titre des mesures d’urgence, la création d’une cellule de la CTC « Prix et pouvoir » chargée d’évaluer et de contrôler les prix dans la grande distribution. Composée d’élus.

RESITUER LA CORSE DANS SON ENVIRONNEMENT MÉDITERRANÉEN

Resituer la Corse dans son environnement méditerranéen revient comme un leitmotiv dans de nombreux débats. Quels sont les grands axes de votre programme qui prennent en compte cet ancrage méditerranéen ?

Cet axe fait partie de nos orientations principales (Cf. notamment projet Corsica 21, chapitre sur les moyens politiques de la stratégie proposée). On le retrouve notamment dans notre projet en matière économique, culturelle de transports extérieurs, d’énergie….

Allez-vous organiser des actions spécifiques en direction de la jeunesse pour promouvoir l’idée de destin partagé en Méditerranée ?

Ce type d’actions est tout à fait dans l’esprit de notre projet. Il faut notamment favoriser cet axe dans les échanges inter-universitaires.

Etes-vous prêts à soutenir et à aider des initiatives de la société civile méditerranéenne, le réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme par exemple, qui seraient organisées en Corse ?

(c) Certainement. D’autant que la Corse a beaucoup de choses à dire en matière de violation des droits de l’homme, et notre courant en particulier car il compte un grand nombre de prisonniers politiques et est l’objet d’un véritable harcèlement politico-judiciaire.

L’institution territoriale pourrait-elle avoir une action para-diplomatique constante sur l’ensemble des enjeux de paix et sur les Droits de l’Homme, à l’instar de deux de ses prises de positions antérieures ; une motion adressée en 1999 au gouvernement pour lui demander d’accorder l’asile à une centaine de réfugiés algériens ; une autre relative à « la paix au Proche-Orient » adoptée en 2002 ?

Nous sommes favorables non pas à une « para-diplomatie » mais à une véritable diplomatie.

Seriez-vous favorables à l’organisation par l’institution territoriale, de manifestations internationales, des colloques, des conférences… qui traiteraient d’enjeux stratégiques tels le développement, la protection des patrimoines culturels et naturels de cette région du monde… et qui permettraient la mise en oeuvre de coopérations ?

Bien évidemment. Ce type d’actions est parfaitement dans l’esprit de notre projet politique. Mais il est douteux que de telles choses puissent avoir lieu tant que la classe politique actuelle, frileuse, incompétente et sclérosée, sera aux affaires. Pour toutes ces raisons, et pour bien d’autres, il faut un réel changement. D’où notre candidature.

Dateci u vostru parè...

(I cumenti saranu publicatu dopu validazione)