3 September 2010

Réponses au questionnaire du Collectif Loi Littoral

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Réponses au questionnaire du Collectif Loi Littoral

1°) Le Collectif pour la Loi Littoral considère que la Corse a besoin de cette loi car elle est la pierre angulaire du développement de la Corse et que son application est un des enjeux majeurs des années à venir : elle conditionne un vrai choix de société.
Vous allez être candidat aux élections territoriales du mois de mars prochain. Parce qu’il est nécessaire que les électeurs connaissent votre vision du devenir de la Corse, le Collectif vous demande de vous positionner clairement sur la loi Littoral en vous prononçant sur les points qui suivent et en nous adressant vos réponses, que nous ne manquerons pas de faire connaître à nos adhérents et aux électeurs.

Au delà de la réponse précise aux questions que vous formulez, nous rappelons que les nationalistes du courant patriotique ont toujours été en pointe dans les combats pour la défense de notre terre, et de notre littoral en particulier. Notre lutte s’appuie sur des considérations environnementales certes, mais aussi sur des considérations politiques : pour nous, la défense de notre environnement est indissociable de la défense de l’existence de notre peuple, car nous considérons que l’homme corse est intimement lié a la terre corse, qu’il en est le produit, et que l’on ne saurait concevoir l’avenir, y compris avec les protections environnementales les plus fortes, si notre peuple venait à disparaitre.

Nous rappelons que les nationalistes, et notamment le courant de la résistance dont nous sommes les héritiers, ont lutté et luttent encore, en en payant le prix, contre les atteintes à notre terre et a notre peuple. Ces atteintes découlent de choix de développement économiques taillés sur mesure au profit d’intérêts étrangers à notre île, et en particulier ceux de multinationales comme VEOLIA, que nous avons été les seuls à dénoncer.

Nous avons aussi été les seuls à voter contre le Piedma et l’incinérateur en 2002. Nous vous invitons aussi à examiner les votes intervenus a l’assemblée de corse concernant diverses politiques sectorielles préparant le PADDUC. Logiques avec nos prises de positions publiques, nous avons pour notre part voté contre le Plan de développement rural de la Corse, et contre le règlement d’aide au tourisme.
Nous avons aussi joué un rôle non négligeable dans le front anti Padduc, puisque, comme le savent un certain nombre d’intervenants, c’est a notre initiative qu’on été diffusés le document ainsi que les cartes de ce projet funeste. Nous avons aussi été en pointe dans le combat en agissant concrètement sur le terrain contre le Padduc, notamment a travers l’affaire Clavier qui a permis de médiatiser largement le problème. Nous rappelons que plusieurs de nos responsables sont condamnés dans cette affaire.

2°) Le respect des espaces remarquables délimités dans les atlas actuels

Comme nous l’avons clairement indiqué dans la presse, nous sommes résolument attachés a la protection des espaces naturels, non seulement pour des raisons éthiques, mais aussi parce que l’existence de ces espaces est un facteur de développement économique. En effet, l’atout principal de la Corse, pour un tourisme raisonné est que notre pays dispose en méditerranée d’un capital environnemental unique, qu’il importe de gérer en recherchant un équilibre entre les nécessités d’un développement économique durable au service des intérêts collectifs de notre peuple et la préservation de nos ressources environnementales qui constituent un atout majeur.

3°) Le respect de la limite des espaces proches du rivage définie dans les atlas actuels

Nous l’avons dit à plusieurs reprises, nous sommes partisans de l’application stricte de la loi littoral dans un premier temps, et même pour un renforcement de cette loi dans le cadre de la capacité d’initiative de l’assemblée en matière législative.

4°) Le respect du principe d’extension limitée de l’urbanisation dans les espaces proches du rivage

Contrairement à ceux qu’affirment certains politiciens, de vastes étendues de notre littoral sont encore menacées de bétonnisation. Nous somme partisans d’un développement équilibré, et donc de renverser la logique actuelle qui consiste à concentrer la population sur le bord de mer, pendant que l’intérieur se désertifie, avec le cortège de problèmes économiques, sociaux et environnementaux qu’entraine ce déséquilibre.

5°)  L’application non restrictive de la notion de hameau nouveau, en tenant compte de la jurisprudence

Cette notion de hameau nouveau doit a notre sens disparaitre de la réglementation car elle ouvre la porte à bien des abus, et notamment par la création de « pastilles » qui créent un précédent et permettent d’ouvrir a l’urbanisation des zones vierges jusqu’alors. La Corse est selon nous actuellement suffisamment construite sur le bord de mer pour ne pas continuer à étendre, sous des prétextes divers, l’urbanisation linéaire le long du littoral. Nous ajoutons que ce type de non développement n’est pas profitable à la Corse, car tout en mobilisant les sites les plus prestigieux, il crée de toutes pièces des ensembles de constructions inhabitées une partie de l’année (donc sans impact économique profitable a notre pays).

Ce type d’étalement de l’urbanisation favorise par ailleurs le mitage, coute énormément en infrastructures (eau et assainissement) et en services publics (ordures ménagères) dont le cout est réparti sur l’ensemble de la population. Il est extrêmement consommateur en espaces, concurrence l’agriculture en accaparant les meilleures terres, et contribue à faire monter de façon astronomique le prix de l’immobilier au détriment de l’écrasante majorité des corses. Il crée enfin un déséquilibre social en créant de toutes pièces des ensembles sans âme, au détriment de nos villages, porteurs d’une identité.

Nous sommes partisans de sanctuariser les bonnes terres agricoles et notamment les terres de plaines mécanisables.

Cette disposition figure de façon explicite dans notre programme Corsica21 (www.corsica21.com) où nous soulignons que l’accroissement des touristes ne peut se poursuivre indéfiniment. Il est indispensable selon nous (voir nos 100 propositions) de maîtriser les flux touristiques, étaler la présence touristique dans le temps, mais aussi dans l’espace, en fonction de nos capacités d’accueil. En termes de capacités d’accueil, nous préconisons le gel des résidences secondaires, et la professionnalisation de l’accueil avec un plan de rénovation et de modernisation de l’industrie touristique.

7°) La non constructibilité, y compris en zone urbaine, de la bande des 100 mètres (sauf pour les activités nécessitant la proximité immédiate de l’eau)

S’il est nécessaire d’appliquer, et même d’étendre la non constructibilité de la bande des 100 m, nous pensons que, dans les zones urbaines proprement dites, il n’est pas opportun, de façon générale, de bloquer la constructibilité. Cette possibilité d’utiliser, en zone urbaine, les espaces proches du rivage, doit cependant être subordonnée à l’application de contraintes renforcées en matière de protection des paysages, d’environnement, et à la possibilité pour tous d’accéder au bord de mer, qui ne doit pas être réservé à des privilégiés.

8°) La non constructibilité des terres agricoles de bonnes potentialités déjà cartographiées dans les cartes « Amandier », cartes qui devront servir de référence au PADDUC

Nous sommes partisans de sanctuariser les bonnes terres agricoles et notamment les terres de plaines mécanisables.

9°) La réalisation généralisée de la servitude du sentier du littoral à sa place légale

Nous sommes favorables à la lutte contre la privatisation de la bande littorale, qui appartient légalement au domaine public, et qui de ce fait est inaliénable et imprescriptible. Outre les bénéfices évidents que l’on pourrait en retirer sur le plan touristique, la réalisation de ce sentier permettrait une remise en ordre juridique. Celle-ci serait de nature à faire revenir dans le patrimoine commun des terrains abusivement captés par quelques privilégiés, dans le silence généralement complices des administrations.

10°) Votre vision de la gestion de la bande littorale

La Corse possède une façade maritime conséquente, déjà très largement occupée, et qui doit être gérée au profit de notre peuple à travers l’Office de l’Environnement et le parc régional. A notre sens il importe de stopper l’urbanisation linéaire le long du littoral et de mettre en protection, sauf projet d’intérêt général, l’ensemble des zones actuellement vierges. Il est possible par ailleurs de densifier, si besoin, les zones déjà construites.

D’autre part :

1 – Etes vous d’accord avec le Schéma d’aménagement de la Corse de 1992 (rédigé par l’Etat!), qui affirmait déjà page 117 (mais il n’a pas été appliqué) que les potentiels d’accueil des ports et des aéroports en période de pointe doivent « rester compatibles avec l’évolution de la capacité d’hébergement, avec les politiques d’allongement de la saison et, plus généralement, avec le maintien d’un équilibre entre population touristique et population permanente ». Ce qui revient à écrire que la Corse doit avoir la maîtrise des rotations maritimes et aériennes et que ces dernières doivent être limitées en fonction de la capacité d’accueil de l’Ile.

Comme le précise notre projet Corsica 21, nous sommes pour la régulation des flux touristiques, et pour un développement du transport aérien, (qui doit de surcroit s’ouvrir sur le nord de l’Europe et ne plus être limité abusivement au seul continent français), au détriment de l’augmentation exponentielle des arrivées par bateaux de touristes, dans des périodes de pointe où la Corse a déjà dépassé le seuil de saturation.

Cette situation découle de la politique irresponsable menée par des hommes politiques a courte vue qui sont incapables d’appréhender le tourisme comme une véritable activité économique, et qui ne raisonnent qu’en termes de nombre de passagers. Cette approche ne fait d’ailleurs que renforcer un tourisme de cueillette, à faible marges, et qui incite à accueillir encore et toujours plus de touristes sans cibler un type de clientèle particulier. Le tourisme de masse, insupportable socialement, sera à terme désastreux pour notre environnement et pour l’image de notre île, la privant par la même d’un atout essentiel pour son développement.

Question liée :

Êtes-vous d’accord avec la construction d’un nouveau port à La Carbonite à Bastia ?

En l’état actuel, nous sommes opposés à tout projet qui ne s’inscrit pas dans une logique de protection de notre environnement. Ce projet sera aussi de nature à accroitre encore en période de pointe (juillet-aout), le tourisme de masse que la Corse n’est plus en mesure d’accueillir. Nous sommes enfin favorables à l’étude, proposée par la profession des pécheurs, d’une restructuration du port actuel de Bastia.

2 – Vous engagez vous à mettre en œuvre les servitudes longitudinale et transversale favorisant l’accès au littoral afin que, partout, les accès au rivage et la circulation pédestre sur celui-ci soient assurés, que les accès piétonniers aux plages et aux sites riverains de la mer soient garantis au plus grand nombre, que les habitants comme les touristes aient la possibilité de cheminer librement le long des côtes avec facilité.

Nous sommes favorables a ces mesures. L’ensemble des actions de Corsica Libera, ainsi que celle des mouvements dont elle est l’héritière, démontre que nous sommes concrètement opposés à toute privatisation de notre bord de mer, à toute constitution d’enclaves étrangères sur notre terre, et dont les autochtones seraient exclus. La dénonciation du lotissement de Punta d’Oru (avec l’affaire Clavier) avec bien d’autres actions, témoigne de notre engagement. Nous n’accepterons donc pas que les Corses soient exclus de leur propre terre, que ce soit d’ailleurs sur le littoral ou dans l’intérieur. Nous voulons donc que les Corse, mais aussi les touristes, aient effectivement la possibilité de cheminer le long des cotes avec facilité.

Avec tout notre respect pour le travail remarquable accompli par les diverses associations constituant le collectif Loi Littoral (dont notre organisation est membre), nous espérons que ces quelques réponses vous auront convaincu, si besoin était, de l’intérêt que nous portons a la défense de notre île, de son environnement, et de son peuple.

Paul MEDURIO pour CORSICA LIBERA

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