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Cunferenza di stampa Corsica Libera di u 24 d'uttobre 2016


Rédigé le Lundi 24 Octobre 2016 à 12:00 | Lu 300 commentaire(s)


L’accession au pouvoir territorial des nationalistes se situe dans le fil de près de quarante ans d’une lutte ininterrompue et opiniâtre, qui a connu son lot de drames, de souffrances, mais aussi de victoires et d’actes remarquables d’engagement.
Elle constitue, avec l’initiative de sortie de la clandestinité prise par le FLNC, l’évènement historique le plus considérable qu’ait connu la Corse ces dernières décennies.
Elle a aussi été le résultat d’une évolution des mentalités, car, au fil du temps, les Corses ont pu constater la matérialisation des évolutions négatives pour leur peuple, que les nationalistes annonçaient depuis toujours.
Ils ont également progressivement pris conscience que la solution à leurs problèmes n’était ni dans la poursuite de comportements clanistes avilissants, ni dans une révérence à l’égard de l'Etat français qui a, chaque fois qu’il a pu, asséné de mauvais coups à notre peuple. Il est à noter d'ailleurs que ce qu'il est habituel d'appeler "clan" ne revêt plus aujourd'hui que l'aspect d'un réseau de copains-coquins comme il en existe partout ailleurs, notamment en France, ou ce système gangrené tue la démocratie à petit feu. Le vernis culturel alibi, qui pouvait le rendre artificiellement légitime aux yeux de certains Corses, n'existe plus depuis longtemps.

Le 13 décembre 2015, les Corses ont voté pour un changement radical et affirmé que la Corse est une Nation.

Ce vote témoigne d’une aspiration générale à emprunter d’autres chemins. Il atteste tout d’abord d'une exigence de dignité à l’égard de pratiques clientélistes dégradantes, et d’une forte volonté de changement aussi bien pour la dignité humaine que pour les finances publiques.
Il traduit aussi l’aspiration à un réel développement économique, fondé sur la valorisation, par les Corses et pour les Corses, des potentialités économiques offertes par une terre et un peuple qui ne manquent pas de ressources et de capacités d’initiatives, pour peu que les conditions soient réunies.
Les Corses remettent de plus en plus en cause un système qui s’accapare le pouvoir depuis plus de deux cents ans, et qui, avec le soutien de l’Etat français, stérilise et détourne pour ses intérêts particuliers la démocratie, et tout le potentiel de développement.
Au-delà de cette avancée majeure, il est clair que le combat engagé depuis un demi-siècle est loin d’être gagné.
Et il est évident que  la résolution de tous nos problèmes ne se situe pas dans la seule Assemblée  de Corse.
Tout d’abord parce que la Collectivité Territoriale de Corse est obligée de se mouvoir sur un terrain institutionnel balisé et corseté.
Ensuite parce que l’Etat français, en contradiction avec tout ce que l'Europe pourrait apporter d'innovant, ne montre aucune volonté d'évolution, et se cramponne à des schémas obsolètes qui sont d'ailleurs, en partie, responsables de l'échec actuel du projet européen.
Enfin, parce que la classe politique dite traditionnelle, sans idées, mais habituée à détourner à son profit institutions et moyens publics, n’a pas l’intention d’abandonner la partie, à l’image du Président du Conseil Départemental de Corse du Sud.

La partie est donc loin d’être gagnée, d’autant que la mandature actuelle souffre du passif financier et humain dont elle a hérité et ne dispose plus que d’un an pour faire évoluer rapidement la situation et commencer à mettre la Corse sur les bons rails.
En peu de temps, et avec des moyens limités du fait des gestions catastrophiques antérieures, les nationalistes aux responsabilités ont pu démontrer qu’il était possible de prendre d’autres chemins, bénéfiques pour notre pays. Nous nous félicitons des avancées constatées en particulier dans la gestion du dossier maritime, dans celui de la collectivité unique mais aussi dans l’obtention d’un statut d’île montagne qui nous permettra de mettre en œuvre des politiques adaptées pour revitaliser et développer l’intérieur.
La proposition que nous avions développée pendant la campagne électorale de transfert d’une partie du produit de la TVA, en lieu et place de la DGF, en réponse à ceux qui nous rappellent sans cesse notre dépendance vis-à-vis des transferts, vient d’être concrétisée.
Toutefois notre statut dérogatoire, largement en deçà de nos besoins, et loin des prérogatives globales qui devraient être les nôtres, est progressivement rattrapé par l’évolution des régions françaises. Nous risquons ainsi, de rentrer progressivement, dans le droit commun français, avec tous les risques que cela comporte.
Cette « normalisation » s’accompagne de menées hostiles qui concourent à perpétuer un système mortifère pour notre peuple :
•    certaines franges de l’Etat n’ont de cesse de perpétrer des mauvais coups contre nos intérêts collectifs (arrêtés Miot, rapport récent de la cour des comptes sur les dispositifs fiscaux dérogatoires, remise en cause du PADDUC, amendements De Courson sur le vin…) ;
•    Paris refuse obstinément de s’engager dans un processus de résolution globale du problème Corse ;
•    La vieille classe politique va soit s'arc-bouter pour maintenir certains avantages acquis, soit, comme elle l’a souvent fait au cours de l’histoire, muter pour tenter de pénétrer et pervertir des institutions qu'il faudrait au contraire faire évoluer dans le bon sens.

À ces difficultés s’ajoutent celles d’une situation économique, sociale et culturelle dégradée. 
Le taux de pauvreté atteint des records. 
Le développement économique de notre pays et la lutte contre la précarité sont donc des priorités politiques ! 
Le plan de lutte contre la précarité adopté lors de la dernière session de septembre, visant à instaurer une transversalité politique dans la gestion de la compétence sociale, devrait permettre de mettre un terme aux pratiques clientélistes inacceptables dont notre peuple a trop longtemps souffert.
La dépossession s’accroit, et la vente du patrimoine immobilier sera fortement accélérée avec l’entrée dans le droit commun en matière de fiscalité sur les successions (fin des arrêtés Miot).
Sans compter que le PADDUC voté en 2015, qui a permis dans un consensus large, de fixer des règles cohérentes sur l’utilisation du territoire, est aujourd’hui attaqué par le Conseil d’Etat qui vient de renvoyer devant le Conseil Constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité posée par la Commune de Coti Chjavari. Mais il est aussi attaqué sur le terrain. En effet, alors que le PADDUC est immédiatement applicable, l’Etat en diffère la mise en œuvre, permettant ainsi des débordements, notamment sur le domaine public maritime. On voit ainsi se multiplier les constructions illégales, malgré les recours des Maires et des Associations, sous le regard complaisant des services de l’Etat.
Les jeunes corses continuent à s’exiler, pendant qu’un flot ininterrompu de nouveaux arrivants marginalise progressivement les corses sur leur propre terre. La décorsisation des emplois atteint des sommets, dans le public comme dans le privé.
L’instauration d’un statut de résident mais aussi d’un statut fiscal et social corses sont les seuls remparts appropriés qui nous permettront de mettre fin à la dépossession foncière, à la décorsisation des emplois et à la situation catastrophique que connaissent les TPE et les PME en Corse. Il nous faudra certainement nous mobiliser fortement aux côtés des élus pour que ces mesures deviennent des réalités. 
Alors que les dépôts de bilans en Corse sont très importants, le financement de notre économie est de plus en plus difficile, pendant que se développe la mainmise de grands groupes, notamment dans le secteur de la grande distribution, et que le secteur du commerce est de plus en plus franchisé.
Sur le plan sociétal, les dérives dues à la drogue, à la montée du banditisme, et à l'apparition de formes de délinquance dont certains pouvaient se croire préservés, s’ajoutent à l’émergence de problématiques, telles que le communautarisme, que l’on croyait réservées aux banlieues françaises. 
La saine réaction des habitants de Siscu, face à de violentes attitudes de petits caïds au mois d’août dernier, est la preuve que notre peuple est encore capable de réagir pour refuser l'inacceptable installation de ce type de comportements importés.
Confronté à ces réalités le peuple Corse s’interroge sur son devenir.

Il ne saurait être question dès lors, de s’en remettre uniquement à une démarche institutionnelle, aussi indispensable et pertinente soit-elle.
Le rôle des organisations politiques nationalistes, loin d’être relativisé par la nouvelle donne, demande un engagement accru des militants.
Le mouvement national doit être le rempart contre toutes les évolutions néfastes et le réceptacle de cette volonté de survivre et d’aller de l’avant. Nos objectifs de libération nationale sont plus que jamais d'actualité. Corsica Libera jouera pleinement son rôle en maintenant le cap de l'indépendance nationale, tout en œuvrant au quotidien pour changer ce qui peut l'être, et faire appliquer les décisions de l'Assemblée de Corse, même si celles-ci ne sont pas inscrites dans le marbre de la loi étrangère qui nous est encore imposée. Ne perdons jamais de vue que nous n'obtiendrons que ce que nous arracherons de haute lutte, en installant, sans attendre, une réalité autre que celle du système finissant.

Nous serons présents, en lien avec les autres composantes du mouvement national, pour impulser les mobilisations susceptibles d'imposer à Paris une négociation globale sur la question Corse.
Nous interviendrons dans les différentes échéances institutionnelles de base, notamment municipales, pour porter au plus près du terrain la lutte contre le vieux système mortifère qui cherche à se recomposer.
Nous serons aussi présents, aux côtés des Corses, sur l’ensemble des problématiques, pour faire valoir nos intérêts collectifs et la défense de notre peuple au plan économique, social et culturel.
Nous œuvrerons, à notre place spécifique, en coordination et en complémentarité avec l’ensemble des structures qui se réclament de la lutte nationale, pour que notre peuple puisse enfin exercer pleinement ses droits nationaux.
Nous demeurerons aux côtés de la jeunesse de ce pays qui, en butte à l'injustice et à l'arbitraire, a su montrer sa détermination et sa volonté de participer à la construction nationale. Elle est à la fois  l'avenir et l'espoir de tout un peuple. Les menées répressives iniques à son encontre doivent cesser. Les décisions incompréhensibles des juridictions d'exception doivent céder la place à des gestes concrets d'apaisement. Nous resterons donc attentifs à tout ce qui peut ensemencer le sillon de la paix, irrémédiablement tracé par le mouvement national.  

Nous lançons un appel à tous les corses qui sont soucieux de l’avenir de leur peuple, pour qu’ils rejoignent Corsica Libera et les différentes structures de lutte, afin d'apporter leur pierre à l'édifice de la Nation.

www.corsicalibera.com