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Analyse sur l'election européenne 2019


Rédigé le Mardi 28 Mai 2019 à 10:30 | Lu 306 commentaire(s)


À la suite  des dernières élections européennes, les résultats obtenus en Corse méritent d’être analysés avec recul et lucidité. 

Avec 62% d’abstentions, taux cette fois largement supérieur de 15 points à celui observé en France, alors que c’est en  général l’inverse dans toutes les autres élections, il existe, conformément à l’attitude que nous avions préconisée, un rejet clair, net, et on ne peut plus légitime, d’un système qui nie la représentation et les aspirations réelles des peuples d’Europe. Un système où la Corse est toujours la dernière roue de la brinquebalante charrette française, dont la logique doit être contrebalancée par une stratégie globale du mouvement national, définie de manière concertée.  

Dans ce contexte, au delà de la présence d’un député autonomiste corse, le positionnement du courant écologique français par rapport aux tenants du système actuel, notamment représentés par les élus de LREM, devra être observé attentivement. 

Le Président Macron, avec sa coalition, est, quant à lui, le grand perdant d’une consultation où il ne représente, au final, que 5,7% des électeurs (15% des 38% exprimés), ce qui lui enlève désormais toute légitimité démocratique  en Corse où ne le représentent plus que ses préfets gouverneurs. 

En dehors du taux d’abstention, on remarquera que le score des « verts » est, ici aussi, plus élevé qu’en France, ce dont on peut se féliciter également, dans la mesure où ce courant bénéficiait du soutien officiel d’une partie de la majorité territoriale. 

Quant aux résultats, aussi incontournables qu’inquiétants du FN/RN, même s’ils n’ont pas vocation à se reproduire lors d’autres élections, ils se caractérisent par une implantation beaucoup plus forte sur le littoral qu’à l’intérieur (où le vote s’inverse en faveur des écologistes en particulier).  Là aussi, contrairement à ce qui se passe en France, les régions rurales de notre pays résistent à cette poussée.  La colonisation, non seulement de peuplement mais aussi, hélas, de comportement, n’est sans doute pas étrangère au phénomène observé.  

Au delà de la confusion du moment, l’Europe des peuples et des nations réelles existe bel et bien. Elle saura se frayer un chemin au milieu de tous les dangers, car « là où est le péril, croît aussi ce qui sauve ». Des ramblas de Barcelone aux montagnes de notre pays, elle finira par assurer aux peuples et aux nations qui la composent le respect, la prospérité, et la démocratie auxquels ils ont droit de manière imprescriptible.