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Déchets : Pè Bastia, Pè a Corsica


Rédigé le Mardi 14 Janvier 2020 à 09:33 | Lu 489 commentaire(s)


Depuis plusieurs mois Bastia voit ses rues envahies par les ordures ménagères qui s’amoncellent un peu partout.

En effet, à la problématique globale, complexe, que tout le monde connaît, et qui intéresse l’ensemble de la Corse, s’ajoute une situation locale qui fait des contribuables bastiais  les otages d’une sorte de « guerre des tranchées » entre le Président de la CAB et du SYVADEC d’un côté, la municipalité bastiaise, de l’autre. Le défaut de collecte, qui intéresse Bastia en premier lieu, génère une entrave considérable à l’activité économique mais aussi, et surtout, des risques sanitaires accrus ainsi qu’un danger permanent lié aux feux de poubelle et à leur potentielle propagation.

Aussi, depuis plusieurs semaines, certains quartiers, comme ceux de Lupinu-Montesoru et bien d’autres, ont été particulièrement laissés à l’abandon; certains d’entre eux le sont toujours, tant pour la collecte des ordures ménagères qu’en ce qui concerne le déploiement des collectes sélectives. Sur fond de querelles pré électorales subalternes, une fois de plus, et y compris face à une crise qui appellerait des attitudes responsables et solidaires, nous avons au contraire assisté  à un honteux ralentissement  de collecte et à un traitement à deux vitesses, engendrant des collectes à géométrie variable en fonction du lieu de résidence. Nous l’affirmons avec sérénité, les Bastiaises et les Bastiais n’ont pas à supporter que les conséquences des mésalliances d’hier viennent accentuer et aggraver, au niveau local, une problématique qui touche le territoire national corse dans son ensemble.

Dans l’intérêt général, nous nous engagerons avec détermination à déployer enfin de manière intensive la collecte et le tri au porte-à-porte en ne négligeant aucun secteur, et, le cas échéant, à privilégier les points de regroupements (Points d’Apports Volontaires) les plus cohérents et pratiques.

Nous ferons de la propreté de nos rues une priorité et une réalité pour tous les Bastiais. 

De plus, le stockage des balles de déchets à l’Arinella, nouveau coup porté à un site que certains s’évertuent à vouloir détruire - sans doute pour justifier plus tard l’avancée d’autres projets néfastes - est symptomatique de la dérive actuelle. Comment une zone inondable, classée Seveso, peut-elle être destinée à recevoir 700 tonnes de déchets ménagers résiduels compactés sur ses 1000 mètres carrés ? Cette parcelle de la CAB risque de devenir rapidement un Teghjime numéro deux car le caractère provisoire de cette mesure, dans le contexte actuel, semble bien aléatoire. Les riverains ont été méprisés lors de cette prise de décision, ce qui est anormal, mais encore plus grave est l’atteinte portée à l’environnement et l’hypothèque à laquelle on soumet le développement harmonieux de ce site stratégique pour Bastia.

Au-delà de la conjoncture qu’on ne peut limiter à la fermeture du centre d’enfouissement de Viggianellu, des solutions pérennes existent à condition de s’extraire une fois pour toute de l’attitude qui a consisté pendant des décennies à adopter l’attitude de l’autruche, et à continuer à enfouir la tête dans le sable en même temps que les déchets.

À cet égard on peut sérieusement se poser aujourd’hui la question de l’utilité réelle d’un outil comme le SYVADEC, et opter pour sa disparition, afin de permettre à l’Assemblée de Corse d’avoir enfin des compétences et des moyens qui lui permettront de faire respecter davantage sa feuille de route.

Par ailleurs, il est temps que les EPCI (intercommunalités, communautés d’agglomérations), et la CAB tout particulièrement, s’emparent définitivement et efficacement du problème, suivant des directives nationales corses, un schéma cohérent, des objectifs locaux à terme clairement définis. Ce maillage du territoire, cette répartition de l’effort, et son adéquation avec une stratégie globale assumée par tous permettra qu’aucune région de Corse ne devienne le dépotoir de tout le pays. C’est cette politique que nous impulserons au niveau municipal et cette orientation que nous saurons faire adopter au sein de la CAB.

Des exemples vertueux, comme celui de la ville de Parme en Italie (ville zéro waste aux résultats spectaculaires en seulement quatre ans) sont édifiants. Chez nous, des projets exemplaires d’économie circulaire permettant y compris une valorisation énergétique de déchets non recyclables, comme celui de « Vaccaghja Energia », sont la clé d’un succès à portée de main.

Il n’y a, dans ce domaine comme dans tous les autres, aucune fatalité acceptable, mais des politiques cohérentes et efficientes à mettre en œuvre sans tarder.



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